Réponse à la lettre du 4 juillet de la SCP – Unité des FFRS

Share This

Mardi 5 Juillet 2016

Par courriel et par la poste

 

Rob Sinclair

Négociateur en chef – unité des FFRS

Société canadienne des postes

2841, promenade Riverside, bureau N0060

Ottawa (Ontario)  K1A 0B1

 

Objet : Négociations de l’unité FFRS

 

Monsieur,

 

Nous donnons suite à votre lettre du 4 juillet 2016.

 

Vous y livrez votre lecture de l’offre globale soumise par la Société le 25 juin 2016 en faisant ressortir ce que vous semblez considérer comme ses plus grands mérites.

 

Par ailleurs, vous y critiquez vertement l’offre globale déposée par le Syndicat le 1er juillet 2016 et allez même jusqu’à dénoncer le moment où elle a été faite. Vous vous permettez également, de façon condescendante, de qualifier cette offre de décevante.

 

Par contre, en distribuant allègrement vos reproches au Syndicat, vous omettez de mentionner que les négociations ont à ce jour principalement porté sur les préoccupations de la Société et que bien peu des préoccupations importantes du Syndicat et de ses membres ont sérieusement été abordées.

 

En effet, les membres de l’unité des FFRS subissent depuis longtemps une discrimination basée sur le sexe. Près de 70% des membres de l’unité sont des femmes, alors que près de 70% des factrices et facteurs urbains sont des hommes.

 

Or, les conditions de travail des FFRS sont nettement inférieures à celles de leurs collègues de l’unité urbaine qui font le même travail.

 

Le Syndicat a donc mis de l’avant des revendications importantes pour ses membres. Il vise, notamment par l’instauration d’un salaire horaire, comme pour l’unité urbaine, à remédier à l’iniquité dont elles et ils sont l’objet. Elles et ils doivent aussi être payés pour tout le temps qu’elles et ils travaillent et, le cas échéant, au taux de temps supplémentaire.

 

De plus, le Syndicat a demandé à la Société, comme un geste de bonne foi, qu’elle cesse de réorganiser leurs itinéraires à six heures et demi cédulées (6,5) par jour et d’établir des routes de huit (8) heures cédulées par jour. Ces membres qui sont déjà sous-payés voient leur rémunération être encore diminuée.

 

En agissant de la sorte, l’offre de la Société, qui prétend faussement augmenter de façon appréciable leur rémunération, soustrait une importante partie de leur rémunération du régime de retraite. Ainsi, la Société cherche à accentuer la précarité de leur situation au-delà même de leur durée de vie active.

 

Le Syndicat tente d’instaurer une solution durable et équitable à cette situation honteuse. À ce jour, la Société se vante que les conditions de travail des FFRS lui confèrent un « avantage concurrentiel », d’où sa volonté de les garder dans cette situation précaire. Une telle situation doit cesser.

 

Le Syndicat, tout en étant prêt à participer au succès continu de la Société, veut que ses membres soient traités de façon juste.

 

Nous profitons également de la présente pour aborder un sujet soulevé par la communication de M. Mark MacDonell au sujet de la modification des conditions d’emploi et que vous nous avez remise le 3 juillet 2016. Entre autres, cette communication stipule que la Société envisage, après qu’un avis de 72 heures aurait été envoyé en vertu du Code, de mettre fin PAICD. Combinée à la communication transmise pour l’unité urbaine, ceci laisse croire que la Société mettrait fin aux prestations versées ou refuserait de verser des prestations à des employées et employés dont l’invalidité a débuté avant le préavis de 72 heures.

 

Or, les employées et employés touchant des prestations du PAICD en lien avec une invalidité survenue avant l’envoi du préavis doivent être considérés comme bénéficiant de droits acquis. Ainsi, outre le fait que la Société s’en prendrait aux plus vulnérables, le fait de mettre fin à leurs prestations constituerait une action illégale qui, outre le fait qu’elle nuirait à l’image de la Société, constituerait une action illégale qui serait vigoureusement contestée en justice par le Syndicat par tous les moyens utiles.

 

Nous prenons enfin acte du fait que la Société, dans sa communication du 3 juillet, exprimait qu’un arrêt de travail nuirait à la clientèle, aux employées et employés et à la Société.

 

Jusqu’à hier également, le discours de la Société était à l’effet que son offre du 25 juin 2016 jetait les bases d’un règlement.

 

En cours de journée hier ce discours a changé. La Société a fait volte-face et a annoncé que son offre du 25 juin 2016 était dorénavant une offre finale.

 

Elle a également transmis au Syndicat un préavis de lock-out qu’elle entend exercer le 8 juillet, malgré son propre aveu que cela lui serait nuisible.

 

Ce double discours n’a rien de rassurant et soulève des questions sérieuses quant à la volonté réelle de la Société d’obtenir une entente négociée. Le Syndicat n’a pas l’intention de modifier le sien. Il demeure engagé dans la résolution négociée du différend, comme il l’a été depuis le 20 novembre 2015.

 

Le Syndicat est prêt, comme il l’a toujours été, à continuer de négocier. Notre but est d’en arriver à un règlement négocié acceptable pour les deux parties. Nous demandons à la Société d’en faire autant.

 

 

George Floresco

Négociateur en chef

Unité des FFRS

 

c.c. :       Justin Trudeau, Premier ministre du Canada

                Judy Foote, ministre des Services publics et de l’Approvisionnement

                MaryAnn Mihychuk, ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail

                Karine Trudel, MP – Nouveau Parti démocratique

                Steven Blaney, MP – Parti conservateur du Canada

                Simon Marcil, député – Bloc Québécois

                Guy Baron, directeur général, Service federal de mediation et de conciliation

                Sheri L. King, médiatrice

                Audrey-Mélissa Therrien, médiatrice

                Conseil exécutif national

                Membres du Comité de négociation, STTP

 

/jl sepb 225  / mp cupe 1979

 

George Floresco
Négociateur en chef de l’unité des FFRS