Notre lutte pour ravoir nos congés de maladie payés et l’attente de l’examen public de postes canada

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Vendredi 18 Mars 2016

À part quelques vagues commentaires exprimés récemment par la ministre Judy Foote sur iPolitics, nous n’avons toujours pas de nouvelles de l’examen public de Postes Canada, pourtant promis par le gouvernement Trudeau. La création d’une banque postale doit figurer au programme de cet examen, mais la livraison du courrier un jour sur deux ne doit pas y figurer. Je m’adresse ici à vous, les libéraux, qui êtes au pouvoir : nous attendons un signe de votre part.

Qu’en est-il maintenant des négociations? Lors de la dernière ronde, les membres de l’unité urbaine ont été contraints de renoncer à 15 jours de congé de maladie payé par année, qu’ils pouvaient accumuler. En échange, ils ont eu droit à un programme d’assurance-invalidité de courte durée (PAICD) et à sept jours de congé pour raisons personnelles. Le STTP s’était fermement opposé à ces changements, et avec raison. Il est loin d’être exagéré d’affirmer que ces changements sont un véritable cauchemar pour les membres.    

À cause de la lourdeur bureaucratique, il est très difficile pour les travailleurs et travailleuses des postes d’avoir accès à l’assurance-invalidité de courte durée. La gestion du programme a été confiée à une compagnie d’assurance, et celle-ci, pour accroître sa rentabilité, a tout intérêt à rejeter un grand nombre de demandes de prestations. Notre santé la préoccupe très peu. Les échéances irréalistes que la compagnie d’assurance impose aux membres les empêchent de répondre aux exigences du PAICD. De plus, les membres doivent payer les évaluations médicales fournies par un médecin indépendant, et ces évaluations peuvent coûter des centaines de dollars.         

Le STTP se démène pour que tous les membres aient des congés de maladie.   

Il y a deux ans, on m’a demandé de prendre la parole lors d’une assemblée de travailleurs et travailleuses du secteur public alors sur le point d’entreprendre des négociations collectives. Le gouvernement Harper menaçait de supprimer les congés de maladie payés pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses du secteur public. Malheureusement, le gouvernement Trudeau veut imposer les mêmes coupes. Allons-nous vraiment vers des « jours meilleurs »?          

Nous revendiquons le retour des congés de maladie (article 20) et exigeons qu’ils s’appliquent aussi aux FFRS. Notre revendication est cruciale pour tous les autres travailleurs et travailleuses du secteur public. Si nous récupérons nos congés de maladie payés, ils seront alors en meilleure position pour défendre les leurs. Personne ne devrait être obligé de travailler en étant malade.    

Les membres s’expriment sur le congé de maladie.    

Pour me préparer à prendre la parole à cette assemblée, j’avais demandé à des membres du STTP de me faire part de leur expérience du Programme d’assurance-invalidité de courte durée (PAICD).  

Trop souvent, les membres manquent de congés. Ils vont travailler en étant malades. Ils sont aux prises avec des responsabilités familiales. La situation est très difficile pour eux. 

J’ai reçu des dizaines de messages. En voici quelques-uns :    

« En avril, à la naissance de mon enfant, j’ai utilisé mes sept jours de congé pour raisons personnelles. Pendant les neuf mois suivants, si j’étais malade, je devais choisir entre rester à la maison, et voir mon salaire amputé, et aller travailler malade, ce que j’ai fait ces deux dernières semaines. J’ai dû choisir entre garder mes jours de congé pour raisons personnelles au cas où je tomberais malade et passer du temps avec mon bébé. »

« En janvier et février, j’ai dû utiliser tous mes congés pour raisons personnelles à cause d’un rhume contracté en novembre qui n’arrivait pas à guérir parce que je continuais de travailler. En avril, j’ai quitté mon emploi, et depuis, Postes Canada m’a envoyé une lettre pour me demander de lui rembourser une partie des jours de congé pour raisons personnelles. »       

« J’élève seul mon fils, et quand il attrape la grippe et qu’il ne peut pas aller à l’école, je prends toujours un jour de congé pour raisons personnelles et j’essaie de trouver un ami ou un membre de la famille pour s’en occuper. Ensuite, c’est moi qui attrape la grippe. Je prends alors deux autres jours de congé pour raisons personnelles pour me remettre sur pied. Ça se produit au moins deux fois par année. Il y a aussi les jours où je n’arrive pas à me lever à cause de la fatigue causée par des itinéraires surchargés… »       

« Je n’ai presque jamais utilisé mes congés de maladie. De façon générale, je suis en assez bonne santé. Cependant, l’année où nous les avons perdus, j’ai dû prendre des congés pour raisons personnelles, et, à la fin de mars, je les avais tous épuisés. Le reste de l’année a été difficile. J’ai dû utiliser une partie de mes congés annuels pour aller chez le médecin parce que ce n’était pas possible autrement à cause des longues journées de travail. Postes Canada ne vous autorise pas à utiliser vos heures supplémentaires accumulées pour aller chez le médecin. Le PAICD est utile seulement si votre demande est approuvée! Un confrère qui était affecté à des tâches modifiées depuis deux ans n’a pas eu le choix de prendre une retraite anticipée : sa demande auprès du PAICD a été refusée. Malheureusement pour lui, le cancer dont il était atteint et qui le faisait tant souffrir n’a été détecté qu’après son départ à la retraite. Il a reçu un diagnostic de cancer au stade 4. »    

Le PAICD ne peut pas remplacer les congés de maladie payés. Il nuit carrément à nos consœurs et confrères.