Examen de Postes Canada : l’annonce du gouvernement se fait attendre

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Mercredi 20 Décembre 2017

L’examen du mandat de Postes Canada, mené par le gouvernement fédéral, a pris fin l’an passé, juste à temps pour le congé du temps des Fêtes. Le gouvernement avait promis d’y donner suite dans les 90 jours. Il a reporté l’échéance au printemps, puis il a annoncé que ce serait au cours de l’année 2017. En décembre, le bureau du Premier ministre a annoncé de nombreux engagements clairs, pour finalement déclarer que l’annonce aura lieu en 2018.     

Évidemment, nous savons qu’en matière de politique et de bureaucratie, les plans changent et les échéanciers sont modifiés. Toutefois, les libéraux ne comprennent peut-être pas que chaque report de l’annonce de leur décision quant à l’avenir de Postes Canada constitue une source de frustration pour les millions de personnes qui comptent sur le service postal public. Un tel report entraîne de véritables conséquences sur le quotidien de ces personnes, surtout pour les centaines de milliers qui devront affronter un troisième hiver sans livraison à domicile de leur courrier. En voici un aperçu :

⁃  Les personnes âgées augmentent leur risque de chute parce qu’elles doivent se déplacer sur des trottoirs glacés pour aller chercher leur courrier.  

⁃  Les automobilistes laissent tourner le moteur de leur véhicule pendant qu’ils vont chercher leur courrier à une boîte postale communautaire ou subissent un accrochage en voulant s’y rendre.

⁃  Les personnes à mobilité réduite reçoivent un service de deuxième classe.  

⁃  Les municipalités doivent enlever la neige et ramasser les détritus, une responsabilité que Postes Canada était censée assumer.

⁃  Les propriétaires de résidence sont aux prises avec les inconvénients et les conséquences financières de la présence de boîtes aux lettres communautaires dans leur voisinage.

Et cette situation se répètera encore cet hiver. 

photo montage: Justin Trudeau in a snowbank with a snowed-in community mailbox

Franchement, tous ces reports de l’annonce nous étonnent. N’est-ce pas là une occasion pour les libéraux de se démarquer du gouvernement Harper et de ses mesures d’austérité? Depuis qu’ils sont au pouvoir, les libéraux auraient pu : annuler le projet de loi C-51, mieux encadrer la légalisation du cannabis, prendre de véritables mesures en matière de changements climatiques (pas seulement des décisions politiques), lancer sur des bases solides l’enquête sur les femmes et les jeunes filles autochtones disparues et assassinées, et modifier le rôle du Canada dans le domaine de l’armement sur la scène internationale. Au lieu de cela, ils ont abandonné ou bâclé un bon nombre de leurs promesses électorales. Nous pensions tout naturellement que l’avenir de Postes Canada pourrait être la bonne nouvelle d’avant les Fêtes. Nous allons donc rectifier le tir en poursuivant notre campagne.

Nous allons de l’avant

Nous sommes fiers de notre campagne, et nous sommes déterminés à la poursuivre.

À l’annonce des suppressions de services, en décembre 2013 (quatre ans déjà!), le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) s’est mobilisé. Très tôt, nous avons constaté à quel point les gens étaient nombreux à compter sur le service postal public, et ce, malgré les affirmations exagérées quant à son déclin. De plus, nous avons trouvé de nombreux alliés qui valorisent le service postal public et le potentiel qu’il représente. 

Durant la campagne électorale, nous avons interpelé les partis fédéraux pour leur faire part du soutien que nous recevions de la population et de nos alliés et pour leur communiquer notre vision d’avenir pour Postes Canada. Les libéraux, les néodémocrates et les verts se devaient de réagir. Quand les libéraux ont obtenu la majorité aux élections, nous avons fait le nécessaire pour leur rappeler de tenir leur promesse de rétablir la livraison à domicile du courrier et pour leur communiquer une vision axée sur l’expansion des services – et non leur suppression – de cet immense réseau public qui relie l’ensemble des entreprises et des ménages du pays. Imaginez tout le potentiel que renferme le réseau postal!

le promis de Justin Trudeau au sujet de la livraison à domicile

En 2016, il y a eu l’examen public de Postes Canada. Nous avons alors tout fait pour éviter que le processus échoue par manque d’idées. Le STTP ainsi que d’autres organismes et des particuliers ont déposé, dans le cadre de cet examen, des centaines de pages de suggestions. Une grande partie de ces idées permettraient d’accroître les revenus de la société d’État. Et toutes visent à optimiser le réseau actuel du service postal public, qui relie déjà toutes les collectivités du pays, pour accroître l’offre de services à la population. De nombreuses propositions ont reçu l’appui de municipalités et de groupes communautaires. En fait, ce qu’il faut, c’est amener les membres de la haute direction de Postes Canada à sortir des sentiers battus.

Et il n’est pas ici question uniquement des revenus de Postes Canada. Écologiser les activités de Postes Canada, contribuer à fournir des services Internet à large bande aux collectivités rurales, mettre sur pied une banque postale, fournir un service de téléphonie mobile, aider les personnes âgées à demeurer chez elles plus longtemps : ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses initiatives qui peuvent assurer le maintien du caractère essentiel du service postal en tant que service public. 

Nous ne restons pas les bras croisés 

En effet, en attendant l’annonce du gouvernement fédéral quant à l’avenir de Postes Canada, nous avons appris que les revenus tirés des colis étaient supérieurs aux pertes découlant de la diminution des volumes de courrier. Autrement dit, ce que le STTP affirme depuis des années est plus vrai que jamais. Postes Canada n’est pas en chute libre. Cependant, la société d’État doit opérer des changements pour répondre aux besoins actuels et futurs de la population, comme le stipule son mandat. Elle dispose du temps et de l’argent nécessaires pour diversifier ses services et accroître encore davantage sa pertinence, à condition toutefois que les membres de la haute direction nommés par le gouvernement Harper se retirent pour permettre à la société d’État d’innover dans l’intérêt du bien public.

Si vous faites face à un troisième hiver sans livraison à domicile de votre courrier, sachez que nous poursuivons la lutte en votre nom. Si vous êtes membre du STTP, sachez que cette question fera partie des prochaines négociations avec Postes Canada. Sachez aussi que nous ne baisserons pas les bras : tôt ou tard, les libéraux devront remplir leur promesse. D’ici là, tenez bon.